Flight Simulator

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Le 02/09/2009

Le très connu logiciel de simulation 'Flight Simulator' permet-il d'apprendre à piloter ?

C'est, en tout cas, un excellent outil d'entraînement, à condition de prendre en compte ses limites.  La version actuelle, FSX, propose une réelle évolution sur le plan graphisme. Des textures au sol pouvant atteindre quelques cm par px au lieu des 5m/px sous FS2004, des effets bluffants, bref un réalisme visuel poussé. Les maisons, bâtiments, arbres sont générés avec une plus grande densité, les forets n'ont plus rien à voir avec les quelques arbres éparses de la version 2004.

Mais qu'en est-il du pilotage ?

Voici quelques copies d'écran faites sous FS2004:

Flight Simulator 2004 Flight Simulator 2004 Flight Simulator 2004 Flight Simulator 2004 Flight Simulator 2004 Flight Simulator 2004 Flight Simulator 2004 Flight Simulator 2004 Flight Simulator 2004 Flight Simulator 2004 Flight Simulator 2004 Flight Simulator 2004 Flight Simulator 2004 Flight Simulator 2004 Flight Simulator 2004

Je ne peux malheureusement pas encore parler de FSX. La raison en est simple, il nécessite un PC puissant et très bien armé en mémoire et en carte vidéo ce qui n'est pas le cas de mon 'vieux' Dual Core AMD Athlon 64 cadencé à 2.7Ghz et ses 2Go de mémoire.

Les points négatifs

Les quelques points que je pourrais qualifier de négatifs sur FS2004, lorsqu'on veut utiliser ce logiciel comme un simulateur d'entraînement:

Trop peu d'effets moteurs. Un couple de renversement pas très réaliste, un effet giroscopique affecté d'un retard curieux et sans réelle proportion.

Un effet pourtant très utile voire indispensable à vitesse proche du décrochage, le roulis induit, n'est pas simulé du tout [edit 30/09/2010 = et bien si, cela dépend des avions...], dommage. Pour ceux qui ne connaissent pas, lorsque la gouverne de direction (située verticalement sur la queue de l'avion) est utilisée, l'avion pivote sur son axe de lacet (cet axe imaginaire traverse l'avion verticalement). Durant cette manoeuvre, l'aile extérieure au lacet va plus vite, sa portance augmente et provoque l'inclinaison de l'avion, donc sur son axe de roulis (axe imaginaire traversant longitudinalement l'avion).  Cet effet est utile lorsque l'avion est à une vitesse proche du décrochage:  Si on utilise tout simplement les ailerons (manche penché à gauche ou à droite) pour rattraper l'inclinaison de l'avion, l'aile qui aura son aileron baissé verra sa portance augmenter bien sûr mais aussi sa trainée, alors que sa vitesse n'augmente pas. Elle risque alors de décrocher prématurément.

Les effets de sol ne sont pas simulés, les cisaillements non plus, aucun effet thermique (par contre, plusieurs degrés de turbulences).

La résolution graphique au niveau du sol est déplorable (5m/px sous FS2004, FSX propose un détail de quelques cm par pixel). L'autogen ou ce qui permet de 'planter' automatiquement des arbres, des maisons etc... en fonction de la texture du sol n'a pas grand chose de réaliste. Il ne faut pas s'attendre à identifier des repères au sol tels que petits villages, forets ou autres. A ce sujet, j'ai finalement appliqué une texture photo-réaliste (enfin, autant que la précision de 5m/px le permet) en partant d'une photo aérienne de Google Earth grâce à un petit logiciel spécialement conçu pour cela. Résultat, plus d'autogen sur cette zone mais par contre, j'identifie tous mes points de repères habituels utilisés en vol réel mis à part les antennes, éoliennes et autres repères érigés.

Et les points positifs ?

Il y en a beaucoup, fort heureusement.

La plupart des avions proposent un cockpit 3d où un grand nombre de commandes sont actives. Pour reprendre le cas du DR400, sans entrer dans le détail de sa version qui n'est souvent qu'une déclinaison du régent DR400-180 de base disponible en téléchargement gratuit, il est tout à fait possible de commencer le vol au parking, moteur arrêté et de suivre la checklist de démarrage tout à fait normalement.

En vol, les instruments principaux fonctionnent , les jauges sont simulées, notamment celles concernant le carburant. Huile et pression d'huile, charge batterie, température extérieure, indicateur de dépression et d'autres (selon le type d'avion) sont actifs. Pour donner un exemple, sur le DC3 et à condition d'utiliser la config optimisée par Trev Morson, le nombre de tours est en cohérence avec la pression d'admission. Ainsi, en finale, la padm est située entre 18 et 20 et les tours ne dépassent pas 2000 alors qu'on se trouve plein petit pas. (sur le DC3 original de FS, plein petit pas = 2700 tr quoi qu'il arrive :)) La pression d'admission décroit également avec l'altitude (conforme au manuel de l'avion !)

Un point très interessant, le réalisme des nuages, des précipitations, du brouillard. L'avion peut ainsi évoluer en condition IMC. FS2004 peut être configuré pour mettre à jour automatiquement sa météo via Internet (vent et direction avec un degré de turbulences, densité nuageuse, précipitations, brouillard)

Cette météo peut aussi être personnalisée de façon assez poussée. C'est là que l'on peut choisir la pression atmosphérique au sol (par défaut, en atmosphère standard), la température et le point de rosée, le vent en fonction de l'altitude et bien d'autres paramètres. De quoi reproduire le plus fidèlement possible une situation rencontrée. Il semble que les conditions de givrage soient également paramètrables bien que je ne connaisse aucun avion simulant le réchauffage carburateur même si la commande est parfois présente sur le cockpit 3d.

Les moyens de radio-navigation ADF, VOR, ILS, sont utilisables, les emplacements de balises sont, pour la plupart, conformes, ainsi que les fréquences. L'entrainement IFR est tout à fait possible.

Le logiciel est utilisable en temps réel, la position du soleil est simulé ainsi que les effets d'éblouissement, le passage du jour à la nuit est progressif et réaliste. Les saisons sont respectées.

Quelques options, parfois payantes, peuvent être utiles. Une d'entre elles permet d'effectuer des enregistrements de vol et de les relire à volonté tout en se positionnant de différentes façons, comme un observateur. Cela permet d'étudier ses atterrissages, par exemple, en se plaçant à l'intérieur, puis à l'extérieur de l'avion, voire même au bord de la piste. Il suffit alors d'utiliser un logiciel comme Fraps pour créer des vidéos de ces instants de pilotage. FS permet déjà l'enregistrement de vol mais de façon moins pratique.

Conclusion

On ne peut pas 'apprendre' à piloter un avion seulement avec FS2004 ou même FSX ou n'importe quel simulateur, même celui de l'aéroclub. Mais c'est un excellent support et moyen d'entraînement, il faut donc le voir comme un complément au vol réel. Un exemple d'utilisation en cours d'apprentissage (j'en suis là au moment où j'écris ces lignes), les pannes en campagne.

Lors d'une panne en campagne, le pilote doit faire un certain nombre de choses, sachant que son temps est limité puisqu'il n'a plus de moteur. Tout d'abord piloter son avion, choisir un terrain d'atterrissage improvisé, définir la méthode pour y parvenir et durant l'execution de cette manoeuvre, effectuer une recherche de panne, régler son transpondeur, prévenir de sa position et de sa situation par radio, appliquer la checklist d'atterrissage forcé ce qui comprend aussi la 'préparation' de ses passagers (position de sécurité).

Il n'y a pas d'autres moyens d'y parvenir, que par un solide entrainement effectué sérieusement et vérifié régulièrement pour espérer ne pas céder à la panique et ne rien oublier si cette situation se présentait réellement.

Et bien, dans ce cas, Flight Simulator est un outil d'entrainement précieux et complémentaire du vol réel. Vous pouvez répéter autant de pannes 'réelles' virtuellement que vous voulez et ainsi 'placer' dans ce temps toujours trop court les différentes étapes qui permettent de gérer dans les meilleures conditions possibles ce genre de situation. Si vous n'êtes pas capable de le faire virtuellement devant votre pc tranquillement chez vous, ce n'est même pas la peine d'essayer en vol.

Une autre utilisation très interessante, l'entraînement à la navigation, même si les points de repères visuels ne sont pas évidents comme vu précédemment, les forets, champs, maisons etc... étant générés automatiquement en fonction de la texture sol.


Glossaire

ADF

L'ADF (Automatic Direction Finder) est en deux parties. L'indicateur ADF, présent sur le tableau de bord, ressemble à ceci :

Indicateur ADF

Il est couplé à un récepteur ou boitier de sélection qui est en fait un radiocompas. Il exploite ainsi l'émission des balises NDB (Non Directional Beacon), la position de l'aiguille sur le cadran indiquant l'angle (gisement) que fait la direction vers la station avec l'axe de l'avion.

Conditions IMC

IMC (Instrument Meteorological Conditions) ou "conditions météorologiques de vol aux instruments"

Définition Wikipedia

IFR

IFR (Instrument Flight Rules) ou vol aux instruments

Le vol est effectué "aux instruments" dès lors que les conditions VMC (Visual Meteorologicals Conditions) ne sont pas remplies, l'avion se trouvant alors en conditions IMC (Instrumental Meteorologicals Conditions) ou à partir du moment où le pilote choisi cette possibilité.

Dans tous les cas, le vol en IFR implique d'utiliser un avion équipé et certifié, le pilote devra lui-même être qualifié IFR et respecter des procédures spécifiques. C'est pourquoi le pilote évoluant en VFR doit s'assurer de demeurer en conditions VMC et d'envisager le déroutement voir de faire demi-tour en cas de dégradation de ces conditions minimales de vol à vue.

VOR

Le VOR, VHF Omnidirectional Range qui peut se traduire "Alignement omnidirectionnel VHF", est un système de positionnement radioélectrique utilisant les fréquences VHF.

Indicateur VOR

Définition wikipédia

ILS

ILS (Instrument Landing System) ou Système d'Atterrissage aux Instruments.

ILS

Il permet au pilote de suivre un couloir virtuel au moyen d'un instrument muni de deux indicateurs positionnés en forme de croix. Si la croix reste au centre, l'avion est horizontalement dans l'axe de la piste et verticalement sur le bon plan de descente. Si un des indicateurs tend à s'écarter du centre, la trajectoire de l'avion doit être corrigée. Ce moyen très précis est utilisé lors des approches IFR (vol aux instruments), potentiellement sans visibilité.

Description sur wikipedia.

Fraps

Logiciel Fraps

Fraps est un logiciel permettant de réaliser des captures vidéo et copies d'écran lors de l'utilisation d'un jeu, par exemple.

www.fraps.com/

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Commentaires

N°2/2 Par Ludo le 20/02/2010

@stevanovich : Merci ;o)
Je n'ai jamais utilisé linux, donc FGFS non plus, malheureusement.
Pour les tabs, il s'agit du script tabber que j'avais modifié pour GuppY [description ici] et que j'ai finalement adapté à pluxml.
Cordialement,
Ludo

N°1/2 Par stevanovich le 20/02/2010

Très bien présenté ;)

As-tu essayé FGFS sur linux(ubuntu) ?

ps: comment-as tu fait pour intégrer les tabs dans pluxml ???, rdv sur le forum ? ;)

Cordialement.

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